Le vote chez les jeunes : désintérêt ou engagement ?

En France, le vote chez les jeunes a du mal à se faire une place. En effet, ces dernier.e.s recourent le plus souvent à un répertoire d’actions différent pour faire entendre leur revendications : blocus, manifestations, utilisation des réseaux sociaux, etc. Des moyens qui ne sont pas nouveaux, mais qui semblent se substituer à l’usage des urnes. 

A l’origine de cette abstention, une rupture de confiance entre les politiques et les jeunesses

82% des jeunes jugent que les personnalités politiques sont trop éloigné.e.s des problématiques des jeunesses en raison de leur âge, selon une enquête Ispos-Bva.

Ce chiffre illustre un manque de confiance, mais surtout de représentativité, quand la moyenne d’âge des candidat.e.s est de 55 ans, et que l’écrasante majorité sont des hommes issus de milieux favorisés. 

Ainsi, pour dénoncer des problématiques structurelles et matérielles, mais aussi porter le projet d’une société plus juste, les jeunes se tournent vers des moyens d’expression davantage visibles et concrets pour exprimer leur mécontentement, plutôt que dans les urnes.

Une jeunesse militante, malgré tout

Les dernières semaines nous ont montré la force des voix lycéennes et étudiantes, avec des pancartes lors des mobilisations toujours plus originales les unes que les autres, allant de “Il fait sombre au pays des lumières” à “Génération 67 refait Mai 68”, devenant ainsi un réel moyen d’exprimer leurs ressentis envers les responsables politiques.
Ces modes d’actions ne sont pourtant pas à opposer frontalement avec le recours au vote. En effet, la plupart des jeunes lycéen.ne.s mobilisé.e.s ne sont pas en âge de voter. De plus, trois quart des jeunes de 18 à 29 ans disent s’intéresser au prochain scrutin national, et 55% déclarent être certain.e.s d’aller y voter. 

Et pourquoi ne pas changer les règles ?

Depuis quelques années, certain.e.s prônent l’idée de pouvoir voter à partir de 16 ans. Cette proposition, bien que faisant débat notamment en raison des chiffres de l’abstention chez les jeunes de 18 à 24 ans, prend pourtant son sens dans un contexte scolaire et familial qui pousserait davantage à l’éducation et la participation citoyenne.

Ce serait également leur reconnaître un droit politique, prendre réellement en compte leurs demandes, et inscrire chez elles et eux une habitude électorale, avant l’entrée en études supérieures ou dans la vie active. L’entrée en étude supérieure ou dans la vie active, qui se traduit souvent par un changement de ville de résidence, laisse place à de nombreuses procédures administratives qui s’accumulent, au détriment de l’inscription aux listes électorales : cela entraîne le plus souvent l’abstention.

Pour conclure

En somme, les contestations récentes n’illustrent qu’une seule chose : les jeunesses ont une voix et des revendications, qu’il revient d’écouter. Aux responsables politiques de leur répondre de manière adaptée.

Article rédigé par Eglantine Guichard

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