Octobre Rose : une maladie qui nous concerne toutes et tous 

Chaque année, pendant le mois d’octobre, le ruban rose devient le symbole de la lutte contre le cancer du sein. Lancée en France en 1994, la campagne sensibilise le public à l’importance du dépistage précoce et soutient la recherche médicale. Si cette mobilisation concerne principalement les femmes, les hommes peuvent également développer un cancer du sein. Retour sur l’histoire de cette campagne et les enjeux d’une sensibilisation qui nous concerne toutes et tous.

Un mois pour sensibiliser et faire avancer la recherche

En France, 61 214 nouveaux cas de cancer du sein ont été recensés en 2023. Premier cancer chez les femmes, cette maladie demeure un enjeu majeur de santé publique. Face à ce constat, Octobre Rose mobilise chaque année les associations, les professionnel.le.s de santé, les chercheur.euse.s et le grand public autour d’un objectif commun : mieux informer, encourager le dépistage et soutenir la recherche.

Selon l’Institut national du cancer (INCa), « la survie nette à cinq ans atteint 88 % chez les femmes diagnostiquées entre 2010 et 2015″. Cette amélioration s’explique notamment par les progrès des traitements et par une détection plus précoce des tumeurs.

Des États-Unis à la France : l’histoire d’Octobre Rose

L’histoire d’Octobre Rose prend forme aux États-Unis dans les années 1980 et 1990, alors que les campagnes de sensibilisation au cancer du sein se développent. 

En 1991 aux États-Unis, Charlotte Hayley, dont des proches ont été touchés par un cancer du sein, fabrique et distribue des milliers de rubans couleur pêche pour protester contre le manque de financement public consacré à la recherche dans son pays. 

En 1992, Evelyn H. Lauder, dirigeante du groupe de cosmétique Estée Lauder, s’inspire de l’initiative et contribue à populariser le ruban, cette fois rose, avec Alexandra Penney, alors rédactrice en chef du magazine Self. Ce ruban devient progressivement un symbole international de solidarité avec les malades et de soutien à la recherche. 

En France, la mobilisation débute en octobre 1994. Le groupe Estée Lauder France et le magazine Marie Claire lancent la campagne « Le Cancer du Sein, Parlons-en ! ». L’objectif est de briser le silence entourant cette maladie, de sensibiliser les femmes et leur entourage en promouvant l’importance du dépistage précoce.

 

En 2003, l’association issue de cette initiative met en place les Prix Ruban Rose afin de soutenir financièrement des projets de recherche et des innovations dans la lutte contre le cancer du sein. En 2020, l’association adopte officiellement le nom de Ruban Rose, en référence au symbole devenu emblématique de la campagne.

Au fil des années, Octobre Rose s’impose dans l’espace public. Tout au long du mois d’octobre, des événements sont organisés partout en France : courses solidaires, collectes de dons, campagnes d’information et illuminations de monuments en rose. Les associations étudiant.e.s de géographie ne sont d’ailleurs pas en reste avec des projets réalisés pendant tout le mois d’octobre. 

Octobre Rose concerne aussi les hommes

Le cancer du sein est souvent considéré comme une maladie exclusivement féminine. Pourtant, les hommes possèdent eux aussi du tissu mammaire et peuvent développer une tumeur cancéreuse dans cette zone. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les hommes représentent environ 0,5 à 1 % des personnes atteintes d’un cancer du sein. La maladie reste donc rare chez eux, mais elle ne doit pas être ignorée. 

Chez les hommes, le cancer du sein est généralement diagnostiqué à un âge plus avancé. Les symptômes peuvent être similaires à ceux observés chez les femmes : apparition d’une masse dans le sein, modification du mamelon, écoulement ou changement de l’aspect de la peau. Cependant, ils ne sont généralement pas concernés par le programme national de dépistage destiné aux femmes de 50 à 74 ans. Il est donc particulièrement important qu’ils connaissent les symptômes et consultent en cas d’anomalie.

Inclure les hommes dans la sensibilisation permet de rappeler que le cancer du sein n’est pas uniquement une question de santé féminine. Les proches, les familles et l’ensemble de la société doivent contribuer à diffuser les informations et à encourager une prise en charge rapide.

Derrière le ruban rose, l’enjeu est de transformer la visibilité en actions concrètes : s’informer, consulter en cas de symptôme, participer à la recherche et soutenir les personnes touchées. Parce que le cancer du sein peut concerner chacun.e, la sensibilisation doit s’adresser à tous et à toutes, tout au long de l’année.

Article rédigé par Yaelle Jouan

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