Réforme du Master : l’assurance d’une poursuite d’études

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Jusqu’à présent, une sélection des étudiants s’opérait entre la première année (M1) et la deuxième année de Master (M2). Problème, l’offre de formation de Master présentait une discontinuité. Les étudiants n’étaient pas certains de pouvoir continuer dans leur voie, et donc de valider leur diplôme. Et malheureusement, du fait de cette sélection, de nombreux étudiants ne pouvaient poursuivre leurs études en M2, recalés en plein milieu de leur formation. Un bon nombre d’entre eux ont eu recours à la justice et ont obtenu gain de cause. Des universités ont ainsi été obligées par les décisions de justice d’inscrire ces étudiants en M2. Une réforme du Master s’imposait donc.

La réforme du Master : en quoi ça consiste ?

Cette réforme, proposée par la Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et Thierry Mandon, le secrétaire d’État en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Les universités pourront recruter les étudiants à l’entrée du Master, selon leur niveau pédagogique et leur projet professionnel. Ce recrutement pourra se faire sous la forme d’un concours ou simplement par l’examen du dossier du candidat. Les réponses à leurs candidatures devront être motivées.

Un droit nouveau sera inscrit dans la loi : le droit à la poursuite d’études pour chaque titulaire du diplôme national de Licence. En d’autres termes, si un étudiant candidat au(x) Master(s) souhaité(s) n’aura reçu aucune proposition d’admission, il pourra tout de même faire valoir son droit à la poursuite d’études. Trois propositions d’inscriptions lui seront proposées par l’État, via les recteurs d’académie. Ces propositions devront être compatibles avec le parcours de formation antérieur de l’étudiant, et au moins une d’entre elles devra faire partie de son établissement d’origine.

Par ailleurs, un site Internet sera mis en place par le Gouvernement. Ce site donnera aux étudiants toutes les informations utiles sur les filières, comme les prérequis à avoir, les parcours et également les capacités d’accueil. Et en Licence, l’accompagnement personnalisé sera davantage mobilisé afin d’aider les étudiants à élaborer leur poursuite d’études et leur projet professionnel.

Une réforme attendue, appliquée dès la rentrée prochaine

En 2002, une réforme de l’enseignement supérieur et de la recherche a été mise en place en France, conformément au Processus de Bologne, afin de s’adapter aux standards européens. Cette réforme, communément appelée « réforme LMD » (LMD pour Licence-Master-Doctorat) prévoyait notamment l’organisation de l’offre de formation sous la forme de « parcours types de formation » cohérents en trois cycles.

L’interruption entre le M1 et le M2 n’était pas en adéquation avec l’ambition initiale, car elle rompait le deuxième cycle. Réorganiser le Master et ainsi offrir une continuité dans celui-ci était donc nécessaire. Ainsi l’enseignement supérieur français a ses trois cycles comme les autres pays de l’Espace européen de l’enseignement supérieur, créé en 2010 et constitué de 47 États.

La réforme du Master a été soumise à l’avis du CNESER, le Conseil National de l’Enseignement supérieur et de la Recherche le 17 octobre 2016. Avis positif ! Le Sénat a également tranché en votant pour la réforme. Elle devrait entrer en vigueur à la rentrée 2017.